« Green Finance » : l’ accréditation pour la durabilité des investissements verts

La taxonomie européenne définit des critères de durabilité des investissements mais les opérateurs ont besoin d’outils tels que la certification accréditée pour allouer efficacement les capitaux, dans un système de règles claires et transparentes. Avec la signature des objectifs de développement durable des Nations unies et de l’accord de Paris sur le climat en 2015, l’Union européenne a placé la durabilité environnementale et sociale au cœur de ses politiques. Plus récemment, le Green Deal, la principale initiative climatique de l’UE, a fixé la limite pour que l’Europe devienne climatiquement neutre pour 2050. Cependant, les investissements publics ne seront pas suffisants pour atteindre les objectifs fixés et l’apport de capitaux privés sera au cœur d’un plan d’investissement vert efficace . Ce n’est pas un hasard si de nombreux opérateurs s’attendent à ce que le débat, lors de la prochaine COP26 prévue à l’automne 2021, se concentre précisément sur le partenariat public-privé, nécessaire pour accompagner la transition écologique de l’économie mondiale. En ce sens, les décisions prises par la Chine et les nouvelles orientations politiques aux États-Unis confortent la position géopolitique internationale sur l’économie verte.

Le marché de la finance durable

Mais il n’y a pas d’économie verte sans finance verte capable de déplacer les capitaux vers des investissements durables et de financer les nouvelles technologies nécessaires à la transition en cours. La Commission européenne estime que l’Europe aura besoin d’environ 260 milliards d’investissements supplémentaires par an au cours des dix prochaines années pour atteindre ses objectifs. Ces dernières années, le marché de la finance durable connaît une croissance significative au niveau mondial, européen et italien: les actifs gérés selon des stratégies d’investissement durable et responsable ont augmenté et le nombre d’opérateurs qui intègrent des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) dans l’investissement stratégies. Cependant, il reste encore beaucoup à faire en termes de transparence et de partage de critères communs concernant les applications du concept de durabilité des investissements . Ces aspects sont cruciaux pour accroître la confiance des investisseurs dans l’orientation des flux de capitaux vers des activités conformes aux objectifs environnementaux et sociaux définis au niveau international. Face à un marché complexe et en constante évolution, les investissements durables et responsables (ISR – Investissement Durable et Responsable) s’imposent progressivement, grâce aux nombreuses opportunités offertes aux investisseurs institutionnels et particuliers. Les orientations politiques aux niveaux mondial et européen ont tracé la voie de la durabilité et les opérateurs du marché ont maintenant compris que l’investissement vert en vaut la peine. L’investissement durable et responsable est une approche caractérisée par une orientation à long termequi intègre les facteurs ESG dans le processus de recherche, d’analyse et de sélection des titres composant le portefeuille d’investissement. L’approche combine l’analyse fondamentale et l’engagement (activisme actionnarial par la participation aux assemblées d’actionnaires, vote et mise en place de campagnes de pression) avec l’évaluation des facteurs ESG, dans le but d’intercepter les rendements sur le long terme et d’offrir un bénéfice à la société.

Stratégies d’investissements durables

Aujourd’hui, différentes stratégies de sélection et de gestion des investissements renvoient à la définition adoptée par EUROSIF (European Forum for Sustainable and Responsible Investments) . En particulier:

Exclusion des titres de l’univers investissable: prévoit l’exclusion a priori ou a posteriori d’un secteur de production ou d’une entreprise dont l’activité est incompatible avec les critères ESG ou avec les normes réglementaires internationales.

Examen réglementaire: les investissements sont examinés dans le but d’évaluer la compatibilité des entreprises du portefeuille avec les normes minimales fondées sur les réglementations internationales pertinentes.

Actionnariat actif: l’actionnaire fait ses choix dans le but de maximiser les rendements pondérés en fonction des risques, d’améliorer la conduite des affaires, d’attirer l’attention sur les questions éthiques ou morales et de contribuer au développement durable.

Intégration ESG: les gestionnaires incluent explicitement et systématiquement les facteurs ESG dans l’analyse financière traditionnelle.

Sélection de titres «best-in-class»: alignés par des investisseurs qui sélectionnent les entreprises capables d’obtenir les meilleurs scores en termes ESG dans leur secteur économique.

Investissements thématiques durables: choix de domaines d’investissement qui sont typiquement corrélés à l’idée même de «développement durable» et qui intègrent différents thèmes en plus de celui de l’environnement.

Investissement d’impact: développement d’investissements censés avoir un impact positif sur la durabilité à long terme. Comme mentionné, le développement de ce marché est affecté par le manque de critères clairs garantissant la transparence sur les caractéristiques de durabilité des opérations. Dans la comparaison entre 2015 et 2017 on note une évolution globalement sensiblement stable égale à 22 500 000 millions d’euros avec une forte baisse des investissements qui suivent les stratégies «filtrage réglementaire» et «exclusion des titres de l’univers investissable». Dans le même temps, il est significatif de noter la forte augmentation de la part des investisseurs particuliers qui passe de 3,4% en 2013 à 30,8% en 2017: cette dynamique indique une plus grande diffusion de la prise de conscience parmi les opérateurs des avantages privés, ainsi que sociaux. , liée à la finance verte. Pour permettre le plein développement de la finance verte, la nécessité d’introduire des définitions et des critères communs pour développer le marché ISR dans un cadre commun, au profit des investisseurs (institutionnels et retail) , est soulignée par beaucoup . La clarté et la transparence représentent deux leviers fondamentaux pour accroître la confiance des épargnants dans les opérateurs et les instruments financiers qui se définissent comme «durables».

La taxonomie des activités éco-responsables

Les institutions européennes ont intercepté ce besoin de plus de clarté et de transparence, citant l’absence de définition commune de l’investissement durable parmi les principaux obstacles au développement du marché ISR. En réponse à ce besoin, le Parlement européen a approuvé en juin dernier le texte du règlement européen 852/2020 sur la taxonomie des activités éco-compatibles: une classification partagée des activités économiques qui peuvent être considérées comme durables d’un point de vue environnemental.. La création d’une taxonomie des investissements durables a été proposée par la Commission européenne dans le cadre du plan d’action sur la finance durable lancé en mars 2018 et s’inscrit dans un cadre réglementaire plus large. L’objectif est d’orienter les choix des investisseurs et des entreprises vers une croissance économique sans impacts négatifs sur l’environnement et, en particulier, sur le climat.

Le rôle de l’infrastructure pour la qualité

Aujourd’hui, l’étendue du périmètre entrant dans ce qui est considéré comme durable est fortement débattue . Aller au-delà du plan environnemental signifie se référer à des valeurs et des systèmes sociaux différents selon les contextes géographiques et culturels des différents opérateurs. Il est certes complexe d’identifier des critères communs pour la protection de la santé et de la sécurité des citoyens mais à ce niveau le jeu de l’ Infrastructure pour la Qualité est en jeu depuis plusieurs années. C’est une caractéristique fondamentale, à partir de la définition d’un système de normes internationales (ISO) né du consensus des opérateurs et sur la base duquel s’articule la croissance économique, notamment dans les pays avancés. Depuis des années, les entreprises italiennes connaissent les avantages d’un système de règles clair qui homogénéise les comportements et standardise la production, rendant les marchés plus efficaces.. Les systèmes de management, par exemple, représentent un levier concurrentiel pour les entreprises et la certification accréditée en fait des instruments utilisables sur les marchés internationaux, répondant à un besoin de transparence. Ces dernières années, ces outils ont soutenu les tendances économiques et, en particulier, les enjeux de durabilité. Il existe plusieurs systèmes de certification nés et renouvelés ces dernières années qui ont rencontré un succès considérable parmi les entreprises.Ce sont des outils volontaires qui garantissent aux citoyens et à l’administration publique le respect effectif des réglementations créées pour la protection de l’environnement, les économies d’énergie, la sécurité et la santé des travailleurs, mais aussi pour la prévention de la corruption. Précisément afin de qualifier la durabilité des opérations de financement, il est souhaitable que des outils tels que les certifications délivrées sous accréditation conformément au règlement CE 765/2008 puissent interpréter leur rôle de garantie et de transparence.