La révolution numérique transforme fondamentalement l’industrie logistique, offrant des opportunités sans précédent pour réduire l’impact environnemental des chaînes d’approvisionnement mondiales. L’e-logistique, qui intègre les technologies digitales aux processus traditionnels de transport et de distribution, devient un levier essentiel dans la lutte contre le changement climatique. Cette convergence entre innovation technologique et responsabilité environnementale redéfinit les standards de performance du secteur, où l’optimisation des flux et la réduction des émissions carbone ne constituent plus des objectifs contradictoires mais complémentaires.
Les entreprises du secteur logistique, responsables de près de 14% des émissions de CO2 en France selon les données du ministère de la Transition écologique, font face à une pression croissante pour adopter des pratiques durables. Cette transformation s’accélère grâce aux avancées technologiques qui permettent d’optimiser chaque maillon de la chaîne logistique, depuis la gestion des entrepôts jusqu’à la livraison finale. L’intelligence artificielle, l’Internet des objets et la blockchain ouvrent de nouvelles perspectives pour concilier performance économique et respect environnemental.
Technologies d’optimisation des flux logistiques pour la réduction carbone
L’optimisation des flux logistiques représente l’un des défis les plus complexes de l’industrie moderne, nécessitant une orchestration précise de milliers de variables interconnectées. Les technologies émergentes transforment cette complexité en opportunité, permettant aux entreprises de réduire simultanément leurs coûts opérationnels et leur empreinte carbone. Cette révolution technologique s’appuie sur des algorithmes sophistiqués capables d’analyser en temps réel l’ensemble des paramètres logistiques pour identifier les optimisations possibles.
Intelligence artificielle et algorithmes de routage écologique descartes MacroPoint
L’intelligence artificielle révolutionne la planification des itinéraires en intégrant des critères environnementaux aux algorithmes de routage traditionnels. Les solutions comme Descartes MacroPoint utilisent l’apprentissage automatique pour analyser des millions de points de données, incluant les conditions de trafic, la consommation de carburant et les émissions de CO2. Ces systèmes optimisent non seulement la distance parcourue mais aussi l’efficacité énergétique globale des tournées.
Ces algorithmes prennent en compte des variables complexes telles que la topographie, les conditions météorologiques et même les caractéristiques spécifiques de chaque véhicule. L’IA peut ainsi réduire de 15 à 25% la consommation de carburant en optimisant les itinéraires selon des critères environnementaux. La capacité d’apprentissage continu de ces systèmes permet une amélioration constante des performances, adaptant automatiquement les stratégies de routage aux évolutions du réseau de transport.
Systèmes WMS verts : SAP extended warehouse management et manhattan associates
Les systèmes de gestion d’entrepôt nouvelle génération intègrent des fonctionnalités dédiées à la durabilité environnementale. SAP Extended Warehouse Management propose des modules spécialisés dans l’optimisation énergétique, permettant de réduire la consommation électrique des équipements de manutention de 20 à 30%. Ces systèmes analysent en temps réel l’utilisation des ressources pour identifier les gisements d’économies d’énergie.
Manhattan Associates développe des algorithmes d’optimisation qui privilégient les circuits de préparation minimisant les déplacements inutiles. Cette approche réduit non seulement l’usure des équipements mais aussi leur consommation
énergétique et la circulation à vide. En réduisant les trajets superflus dans l’entrepôt, un WMS « vert » contribue directement à la baisse de la consommation électrique et des émissions indirectes liées à la logistique interne. Pour vous, cela se traduit par des gains de productivité mesurables et une logistique e-commerce plus sobre en énergie.
De plus, ces systèmes permettent de mieux piloter les indicateurs environnementaux à l’échelle du site : consommation par commande, par allée, par zone de préparation. En croisant ces données avec les volumes traités, l’entreprise peut identifier les goulots d’étranglement énergivores et prioriser les investissements (éclairage LED, chariots électriques, automatisation ciblée). On passe ainsi d’une approche « subie » de la consommation à un véritable management environnemental des entrepôts.
Iot et capteurs environnementaux pour la traçabilité carbone en temps réel
L’Internet des objets (IoT) permet aujourd’hui de mesurer finement l’impact environnemental des opérations logistiques. Des capteurs installés sur les véhicules, les palettes ou les équipements de manutention remontent en temps réel des données de consommation de carburant, de température, d’humidité ou encore de niveau de remplissage. Cette granularité ouvre la voie à une traçabilité carbone fine, par trajet, par commande, voire par produit.
Concrètement, vous pouvez suivre en direct la performance énergétique d’une flotte de livraison ou d’un entrepôt et déclencher des actions correctives instantanées : réduction des vitesses de pointe, regroupement de tournées, optimisation de la climatisation des zones sensibles. L’IoT agit alors comme un « tableau de bord vivant » de la logistique verte, bien plus précis que les calculs théoriques réalisés a posteriori. C’est un peu comme passer d’une facture annuelle d’électricité à un compteur intelligent qui vous montre l’impact de chaque geste.
Pour l’e-logistique, cette traçabilité temps réel est également un outil de transparence vis-à-vis des clients finaux. Intégrer l’estimation d’empreinte carbone dans le suivi de commande ou sur la page de paiement permet de sensibiliser l’acheteur, mais aussi de proposer des options de livraison bas carbone. À terme, l’IoT devient donc un allié stratégique pour concilier expérience client et performance environnementale.
Blockchain et transparence de la supply chain durable avec VeChain
La blockchain apporte une réponse crédible à une question centrale : comment prouver que votre chaîne logistique est véritablement durable ? Des plateformes comme VeChain permettent d’enregistrer de manière infalsifiable les données clés de chaque étape de la supply chain : origine des matières premières, modes de transport utilisés, consommation énergétique, certificats de conformité. Chaque événement est horodaté et partagé entre les partenaires, ce qui renforce la confiance et limite le greenwashing.
Dans un contexte où les consommateurs et les investisseurs exigent des preuves tangibles des engagements RSE, cette transparence devient un avantage concurrentiel. Imaginez pouvoir montrer, pour un produit donné, le détail de son trajet logistique, les émissions associées et les actions de compensation mises en place : la blockchain rend ce niveau de détail techniquement possible et auditable. Pour vous, c’est aussi un moyen de mieux maîtriser les risques fournisseurs et de sécuriser les données ESG nécessaires au reporting réglementaire.
Enfin, la combinaison blockchain + IoT ouvre la voie à une traçabilité carbone automatisée : les capteurs alimentent la blockchain en données en temps réel, qui sont ensuite mises à disposition des différents acteurs (transporteurs, logisticiens, marques, clients). La supply chain devient alors une « colonne vertébrale numérique » de la transition bas carbone, où chaque maillon est responsabilisé et valorisé.
Stratégies d’emballage éco-responsable et packaging circulaire
Au-delà de l’optimisation des flux, l’e-logistique se joue aussi dans le carton d’emballage. Les consommateurs, lassés du suremballage et des colis à moitié vides, attendent des solutions plus sobres et plus intelligentes. Le packaging devient un terrain d’innovation majeur pour réduire l’empreinte environnementale, tout en améliorant l’expérience client et la compétitivité des e-commerçants. Comment transformer ce « coût nécessaire » en levier stratégique de logistique verte ?
Réduire le poids et le volume des emballages, choisir des matériaux renouvelables et organiser leur réutilisation ou leur recyclage sont autant de leviers concrets à votre portée. L’objectif est simple à formuler mais complexe à mettre en œuvre : protéger correctement les produits, limiter les déchets, et optimiser le remplissage des camions et des hubs logistiques. C’est ici que les nouvelles matières, les logiciels de conception et les modèles circulaires entrent en jeu.
Matériaux biosourcés : mycélium, algues et fibres de chanvre industriel
Les matériaux biosourcés offrent des alternatives crédibles aux plastiques fossiles et aux mousses traditionnelles. Le mycélium – la partie végétative des champignons – permet par exemple de créer des calages sur mesure, compostables et légers, qui remplacent avantageusement le polystyrène expansé. Issus de déchets agricoles, ces matériaux contribuent aussi à la valorisation de co-produits et à l’économie circulaire locale.
Les emballages à base d’algues ou de fibres de chanvre industriel se développent également, notamment pour les sachets souples et les films de protection. Ils présentent une bonne résistance mécanique et une biodégradabilité accrue, tout en réduisant l’empreinte carbone sur l’ensemble du cycle de vie. Pour un acteur de l’e-commerce, intégrer ces matériaux dans sa chaîne logistique, c’est envoyer un signal fort aux clients et se préparer aux futures restrictions sur les plastiques à usage unique.
Bien sûr, la généralisation de ces solutions suppose de travailler main dans la main avec les fournisseurs d’emballages et les recycleurs. Vous devrez vérifier la compatibilité avec les filières de tri locales, les contraintes de stockage et les exigences de vos transporteurs. Mais l’enjeu est de taille : à l’échelle d’un réseau e-logistique gérant des millions de colis, même un gramme de matériau économisé par envoi se traduit par des tonnes de ressources préservées chaque année.
Design for circularity et conception modulaire des emballages
Le « design for circularity » consiste à penser l’emballage non plus comme un simple consommable, mais comme un objet ayant plusieurs vies potentielles. Concrètement, cela se traduit par des cartons modulaires, des systèmes de fermeture sans colle, des protections réutilisables ou des inserts adaptables à différents produits. Un même emballage peut ainsi être utilisé pour l’expédition, le retour et parfois même le ré-emploi en point de vente.
Cette approche modulaire permet de réduire drastiquement le nombre de références d’emballages nécessaires et de simplifier la gestion des stocks. Elle facilite aussi la logistique inverse, puisque les emballages sont conçus dès le départ pour résister à plusieurs cycles et pour être facilement triés et recyclés. Pour vous, c’est un double bénéfice : moins de complexité opérationnelle et une réduction significative des déchets d’emballage.
On peut comparer cette logique à celle des briques de construction : plutôt que de multiplier les formes et les tailles, on standardise quelques modules compatibles entre eux. La modularité offre la flexibilité attendue par les équipes d’emballage et les clients, tout en réduisant la consommation de matière première. Elle renforce également la cohérence de l’image de marque, avec une signature visuelle reconnaissable quel que soit le produit expédié.
Technologies de compression et optimisation volumétrique automatisée
Un des grands paradoxes de l’e-logistique réside dans le transport d’air : colis à moitié vides, calages surdimensionnés, boîtes trop grandes pour le contenu réel. Les technologies de carton on demand et d’optimisation volumétrique automatisée s’attaquent directement à ce gaspillage. Des systèmes de découpe et de pliage, couplés à des logiciels 3D, fabriquent en temps réel un emballage ajusté aux dimensions du produit ou de la commande.
À la clé, une réduction de 20 à 40% du volume moyen des colis, selon les retours d’expérience de grands e-commerçants. Cette diminution se traduit immédiatement par une meilleure densité de chargement dans les camions et les conteneurs, donc par une baisse des émissions de CO2 par produit livré. En parallèle, le besoin en matériaux de calage diminue, ce qui réduit les coûts et simplifie la gestion des déchets chez le client final.
Ces solutions requièrent un investissement initial en équipements et en intégration IT, mais elles s’avèrent particulièrement pertinentes pour les entrepôts à forts volumes et forte variabilité de formats. Pour les plus petites structures, des outils logiciels d’aide au choix du bon carton, basés sur l’IA, offrent déjà un premier niveau d’optimisation volumétrique avec un retour sur investissement rapide.
Systèmes de consigne numérique et reverse logistics packaging
La consigne numérique appliquée aux emballages ouvre la voie à une véritable économie circulaire de la logistique. Le principe : le client paie une consigne lors de l’achat en ligne, puis récupère ce montant lorsqu’il rend l’emballage via un point de collecte, une consigne automatique ou lors d’une prochaine livraison. Les emballages sont alors inspectés, reconditionnés et réutilisés sur plusieurs cycles.
La réussite de ce modèle repose sur une reverse logistics efficace, c’est-à-dire une logistique inverse bien intégrée aux flux existants. Plutôt que d’organiser des tournées supplémentaires, les retours d’emballages sont mutualisés avec les retours produits ou les livraisons B2B. Les systèmes de suivi numérique (QR codes, puces RFID) permettent de tracer le nombre de cycles effectués, l’état des emballages et d’optimiser leur réaffectation.
Pour vous, l’intérêt est double : réduction de l’achat d’emballages neufs et différenciation forte auprès des clients sensibles aux enjeux environnementaux. La consigne peut même devenir un levier marketing, en incitant à la fidélisation ou en finançant des projets à impact positif lorsque le client choisit de ne pas se faire rembourser. Là encore, l’e-logistique devient un catalyseur d’innovation sociale et environnementale.
Transport multimodal décarboné et dernière mile verte
Le transport représente la part la plus visible – et souvent la plus émettrice – de la chaîne logistique. Pour une e-logistique au service de la planète, il ne suffit plus de livrer vite : il faut livrer mieux, en combinant intelligemment les différents modes de transport et en repensant complètement le dernier kilomètre. Comment concilier exigence de rapidité, contraintes urbaines et réduction massive des émissions de CO2 ?
Le transport multimodal décarboné consiste à utiliser, pour chaque segment du trajet, le mode le plus sobre possible : rail ou fluvial pour le long courrier, véhicules électriques ou vélos-cargos pour la distribution urbaine, hubs de proximité pour limiter les distances. Cette approche demande une planification fine et une collaboration renforcée entre chargeurs, transporteurs et opérateurs de plateformes, mais elle constitue l’un des leviers les plus puissants pour verdir la supply chain.
Dans les grandes métropoles, la « dernière mile verte » repose de plus en plus sur des micro-hubs urbains, desservis en véhicules à faibles émissions, et sur des solutions de livraison alternatives : consignes automatiques, points relais, tournées mutualisées. Proposer à vos clients des options telles que la livraison différée, la livraison groupée ou la collecte en point de retrait peut réduire de 20 à 30% l’empreinte carbone par colis, tout en limitant la congestion et le bruit en ville.
Entrepôts autonomes et infrastructure logistique durable
Les entrepôts sont au cœur de l’e-logistique et représentent des gisements considérables d’économies d’énergie et de réduction d’empreinte carbone. La tendance est à des plateformes toujours plus automatisées, connectées et sobres en ressources, capables de fonctionner comme de véritables « usines logistiques » à faible impact environnemental. Comment transformer ces bâtiments souvent énergivores en atouts pour votre stratégie RSE ?
En combinant automatisation robotique, énergies renouvelables, conception bioclimatique et gestion intelligente de l’eau et des déchets, les acteurs de la logistique construisent une nouvelle génération d’infrastructures durables. Ces entrepôts autonomes optimisent non seulement les flux de marchandises, mais aussi les flux d’énergie et de matières, dans une logique d’économie circulaire. Pour vous, cela se traduit par des coûts d’exploitation maîtrisés et une meilleure résilience face aux tensions énergétiques.
Automatisation robotique avec kiva systems et AutoStore pour l’efficacité énergétique
Les solutions d’automatisation robotique comme Kiva Systems (aujourd’hui Amazon Robotics) ou AutoStore ont profondément transformé la préparation de commandes. En remplaçant les déplacements humains par le déplacement automatisé des bacs ou des étagères, ces systèmes réduisent les distances parcourues, rationalisent les trajectoires et diminuent la consommation énergétique globale par colis préparé.
Contrairement à une idée reçue, un entrepôt automatisé ne se traduit pas forcément par une hausse de consommation électrique. Les robots sont conçus pour être légers, économes et rechargés de manière intelligente, souvent pendant les heures creuses lorsque l’électricité est moins carbonée. De plus, la densification du stockage permise par AutoStore, par exemple, réduit la surface nécessaire à climatise,r chauffer et éclairer, ce qui compense largement l’énergie consommée par les systèmes.
Pour les opérateurs d’e-logistique, l’automatisation robotique offre également une meilleure qualité de service, une baisse des accidents de travail et une attractivité renforcée des métiers. Dans une perspective de logistique durable, ces bénéfices sociaux complètent les gains environnementaux, en ligne avec les trois piliers de la RSE : environnement, social et économie.
Énergies renouvelables : panneaux photovoltaïques et géothermie industrielle
L’intégration d’énergies renouvelables dans les entrepôts logistiques n’est plus un luxe, mais une nécessité stratégique. Les toitures et parkings des plateformes offrent des surfaces idéales pour l’installation de panneaux photovoltaïques, capables de couvrir une part significative des besoins électriques des sites (éclairage, systèmes informatiques, robots, bornes de recharge pour véhicules électriques). Certaines plateformes atteignent déjà des taux d’autoconsommation supérieurs à 40%.
La géothermie industrielle, exploitant la chaleur du sous-sol pour le chauffage ou le refroidissement des bâtiments, constitue un autre levier intéressant, notamment pour les entrepôts de forte surface. Couplée à une bonne isolation et à des systèmes de gestion technique du bâtiment (GTB), elle réduit fortement les consommations de gaz ou de fioul et stabilise les coûts énergétiques à long terme. Vous gagnez ainsi en prévisibilité budgétaire tout en diminuant votre empreinte carbone.
Pour maximiser l’impact, il est essentiel d’articuler ces investissements avec une stratégie globale de performance énergétique : audits réguliers, suivi des consommations, maintenance préventive. Les outils numériques utilisés pour piloter les flux logistiques peuvent aussi servir à piloter l’énergie, dans une logique de « jumeau numérique » de l’entrepôt.
Conception bioclimatique et certification BREEAM pour les plateformes logistiques
La conception bioclimatique vise à tirer parti des caractéristiques naturelles du site (orientation, ensoleillement, vents dominants) pour réduire les besoins énergétiques du bâtiment. Pour un entrepôt logistique, cela se traduit par une optimisation des ouvertures, des protections solaires, des matériaux isolants et de la ventilation naturelle. L’objectif est de maintenir un confort thermique acceptable avec un minimum de chauffage et de climatisation.
Les certifications environnementales comme BREEAM ou HQE encadrent et valorisent ces bonnes pratiques. Elles évaluent le bâtiment sur une série de critères : énergie, eau, déchets, matériaux, mobilité, santé des occupants. Obtenir une telle certification pour une plateforme logistique, c’est démontrer objectivement votre engagement dans la construction durable et rassurer vos clients, investisseurs et collaborateurs.
Au-delà du label, le processus de certification pousse à structurer la démarche, à documenter les choix techniques et à suivre des indicateurs de performance sur la durée. Vous disposez ainsi d’un référentiel pour améliorer en continu vos futures infrastructures logistiques et les adapter aux nouvelles exigences réglementaires européennes.
Systèmes de récupération d’eau pluviale et gestion des déchets industriels
La gestion durable de l’eau et des déchets complète le tableau d’un entrepôt éco-responsable. Les systèmes de récupération d’eau pluviale permettent d’alimenter les sanitaires, le nettoyage des quais, l’arrosage des espaces verts ou même certains process industriels. Dans les régions soumises à des restrictions d’eau, ces dispositifs renforcent la résilience des opérations logistiques et réduisent la pression sur les ressources locales.
Côté déchets, la structuration de filières de tri à la source (carton, plastique, bois, métaux, DEEE) au sein de l’entrepôt est indispensable pour atteindre de hauts taux de valorisation. Les compacteurs intelligents, les presses à balles et les solutions de suivi des flux de déchets facilitent cette organisation et permettent de mesurer précisément les progrès réalisés. Là encore, les données issues de ces systèmes nourrissent vos indicateurs RSE et vos rapports ESG.
En combinant ces actions à une sensibilisation des équipes et des prestataires, l’entrepôt devient un véritable « laboratoire » de pratiques durables. Ce changement culturel est souvent un point de départ pour diffuser la logique d’économie circulaire à l’ensemble de la chaîne logistique.
Économie circulaire appliquée à la logistique inverse
La logistique inverse – gestion des retours, des réparations, du reconditionnement et du recyclage – représente un défi majeur pour l’e-commerce, particulièrement dans les secteurs à fort taux de retour (mode, électronique, équipement de la maison). Plutôt que de la subir comme un centre de coûts, de plus en plus d’entreprises l’envisagent comme un levier clé de l’économie circulaire. Et si chaque retour devenait une opportunité de créer de la valeur tout en réduisant l’impact environnemental ?
Mettre en place une logistique inverse durable implique de repenser les flux physiques et d’information : diagnostic rapide des produits retournés, orientation vers la bonne filière (remise en stock, reconditionnement, seconde main, recyclage), traçabilité des matières. Des plateformes spécialisées se développent pour centraliser ces opérations et optimiser les transports. Pour vous, l’enjeu est de réduire la destruction de produits neufs, de prolonger la durée de vie des articles et d’alimenter, lorsque c’est possible, des canaux de vente alternatifs (outlets, marketplaces de seconde main).
À terme, une logistique inverse bien conçue permet de fermer la boucle entre l’expédition et la fin de vie des produits. Elle s’inscrit pleinement dans les objectifs de réduction, de réutilisation et de recyclage promus par les politiques publiques et par les bailleurs de fonds. Dans ce cadre, l’e-logistique ne se contente plus de faire circuler des marchandises : elle orchestre des cycles de vie complets, de plus en plus vertueux.
Métriques environnementales et reporting ESG en e-logistique
Aucune transformation durable ne peut se piloter sans indicateurs fiables. La montée en puissance des exigences réglementaires (directive CSRD, taxonomie européenne) et des attentes des investisseurs impose aux acteurs de l’e-logistique de structurer leur reporting environnemental, social et de gouvernance (ESG). Comment passer d’initiatives isolées à un pilotage global, chiffré et vérifiable de votre performance durable ?
La clé réside dans la capacité à mesurer précisément les émissions de gaz à effet de serre, les consommations de ressources et les impacts sociaux de vos opérations logistiques. Les technologies évoquées plus haut – IoT, WMS, TMS, blockchain – deviennent des sources de données précieuses pour alimenter vos rapports RSE, mais aussi pour guider vos décisions au quotidien. Vous pouvez ainsi identifier les leviers les plus efficaces, prioriser les investissements et démontrer vos progrès année après année.
Calcul d’empreinte carbone selon le protocole GHG et norme ISO 14067
Le calcul de l’empreinte carbone reste le socle de tout reporting environnemental sérieux. Le Greenhouse Gas Protocol (GHG Protocol) et la norme ISO 14067 fournissent des cadres méthodologiques reconnus pour quantifier les émissions directes (Scope 1), indirectes liées à l’énergie (Scope 2) et les autres émissions de la chaîne de valeur (Scope 3). Pour l’e-logistique, cela signifie intégrer les émissions des transports, des entrepôts, des emballages, mais aussi des retours et de la fin de vie des produits.
Les solutions logicielles spécialisées en calcul carbone se connectent désormais aux systèmes opérationnels (TMS, WMS, ERP) pour automatiser au maximum la collecte de données : kilomètres parcourus, types de véhicules, facteurs d’émission par mode de transport, consommations d’énergie des sites, tonnages d’emballages. Vous obtenez ainsi une vision plus fine de vos émissions, par client, par produit ou par canal de vente, ce qui facilite l’identification des leviers de réduction.
Respecter ces standards internationaux, c’est aussi se préparer aux exigences de vos partenaires et donneurs d’ordre, qui devront eux-mêmes reporter leurs émissions Scope 3. En fournissant des données fiables et auditables, vous renforcez votre rôle de partenaire privilégié dans leurs démarches de décarbonation, et positionnez votre e-logistique comme un maillon clé de leur performance durable.
KPI de performance environnementale et tableaux de bord RSE
Au-delà de l’empreinte carbone globale, le pilotage de la logistique verte nécessite des indicateurs opérationnels concrets. Parmi les KPI les plus utilisés, on retrouve par exemple : émissions de CO2 par colis livré, taux de remplissage moyen des camions, pourcentage de livraisons réalisées en modes décarbonés, part d’emballages recyclés ou recyclables, taux de valorisation des déchets logistiques. Ces indicateurs permettent de suivre vos progrès de manière pragmatique et de mobiliser vos équipes autour d’objectifs clairs.
Des tableaux de bord RSE intégrés, accessibles aux directions logistiques, RSE et financières, facilitent le suivi de ces KPI dans le temps. Ils rendent visibles les gains obtenus grâce aux différentes actions (nouveaux itinéraires, changement de matériaux d’emballage, installation de panneaux solaires, etc.) et aident à arbitrer entre les priorités. En rendant ces données accessibles et compréhensibles, vous favorisez également l’engagement des collaborateurs, qui peuvent voir l’impact concret de leurs initiatives.
On peut comparer ces tableaux de bord à un GPS de la transition écologique : ils ne font pas le trajet à votre place, mais ils vous indiquent la route la plus pertinente, les progrès réalisés et les écarts éventuels. Sans eux, difficile d’éviter les fausses bonnes idées ou de convaincre les parties prenantes de l’efficacité de vos actions.
Certification B corp et standards GRESB pour les opérateurs logistiques
Les certifications et labels jouent un rôle croissant dans la reconnaissance des démarches durables. Pour les opérateurs logistiques, la certification B Corp évalue l’impact global de l’entreprise sur ses parties prenantes (collaborateurs, clients, fournisseurs, environnement, communauté) et exige un niveau d’engagement élevé. Obtenir ce label, c’est prouver que votre modèle d’affaires et votre e-logistique contribuent positivement à la société, au-delà de la seule rentabilité financière.
Le standard GRESB (Global Real Estate Sustainability Benchmark), quant à lui, s’adresse aux acteurs de l’immobilier et des infrastructures, y compris les plateformes logistiques. Il mesure et compare la performance ESG des portefeuilles d’actifs, en portant une attention particulière à l’efficacité énergétique, aux émissions de gaz à effet de serre, à la gestion de l’eau et des déchets. Pour un opérateur disposant de nombreux entrepôts, se conformer à GRESB permet de valoriser ses actifs auprès des investisseurs et de structurer une stratégie de décarbonation à l’échelle du parc.
En combinant ces référentiels avec un reporting rigoureux et des actions concrètes sur le terrain, les acteurs de l’e-logistique peuvent démontrer, chiffres à l’appui, que leur transformation verte n’est pas un simple discours. Dans un contexte de forte pression réglementaire et sociétale, cette crédibilité devient un atout décisif pour gagner la confiance des clients, attirer les talents et sécuriser les financements nécessaires à la poursuite de la transition.
