Comment repenser le packaging pour réduire son empreinte ?

L’industrie de l’emballage traverse une période de transformation radicale face aux défis environnementaux contemporains. Avec 400 millions de tonnes de déchets plastiques générées annuellement et 36% de ces matières destinées à l’emballage, la nécessité de repenser nos approches devient urgente. Cette pression s’intensifie avec l’évolution des réglementations européennes, notamment la directive 94/62/CE qui impose des objectifs ambitieux de réduction et de recyclage. Parallèlement, 81% des consommateurs accordent désormais une importance capitale à la durabilité des emballages, créant un contexte propice à l’innovation. Cette convergence entre impératifs réglementaires et attentes sociétales ouvre la voie à de nouvelles solutions techniques et économiques qui redéfinissent les standards de l’industrie.

Matériaux biosourcés et biodégradables : alternatives durables au plastique traditionnel

La recherche de substituts au plastique conventionnel s’oriente vers des matériaux issus de ressources renouvelables et biodégradables. Ces innovations révolutionnent progressivement les codes établis en offrant des performances techniques équivalentes tout en réduisant significativement l’impact environnemental. L’enjeu principal consiste à maintenir les propriétés barrières et la résistance mécanique tout en garantissant une fin de vie respectueuse de l’environnement.

Le secteur connaît une accélération remarquable avec l’émergence de technologies permettant de transformer des déchets agricoles en matériaux d’emballage performants. Cette approche s’inscrit dans une logique d’économie circulaire en valorisant des résidus autrement destinés à l’incinération ou à l’enfouissement. Les investissements dans ce domaine ont augmenté de 40% entre 2021 et 2023, témoignant de l’engagement croissant des industriels.

PLA et PHA : polymères compostables pour l’emballage alimentaire

L’acide polylactique (PLA) et les polyhydroxyalcanoates (PHA) représentent aujourd’hui les alternatives les plus matures au plastique traditionnel dans l’alimentaire. Le PLA, dérivé de l’amidon de maïs ou de canne à sucre, offre une transparence remarquable et des propriétés mécaniques adaptées aux applications rigides. Sa température de fusion relativement basse le rend toutefois inadapté aux liquides chauds.

Les PHA, produits par fermentation bactérienne, présentent des caractéristiques supérieures avec une résistance thermique accrue et une biodégradabilité marine avérée.

Les PHA se dégradent complètement en milieu marin en moins de 200 jours, contrairement aux plastiques conventionnels qui persistent pendant des siècles.

Cette propriété unique ouvre des perspectives considérables pour les emballages à usage unique dans l’industrie alimentaire et cosmétique.

Fibres de bagasse et pulpe moulée : solutions stora enso et international paper

La bagasse, résidu fibreux de la canne à sucre, connaît un essor remarquable dans la fabrication d’emballages alimentaires. Stora Enso a développé une technologie permettant de transformer cette matière première en barquettes et contenants aux propriétés barrières optimisées. Ces solutions atteignent des performances comparables aux plastiques multicouches pour la conservation des aliments frais.

International Paper mise sur la pulpe moulée recyclée pour créer des emballages de protection robustes. Cette technique permet de réduire de 60% l’empreinte carbone par rapport aux solutions polystyrène expansé traditionnelles

La pulpe moulée est particulièrement adaptée aux calages sur mesure pour l’électronique, la cosmétique ou les produits fragiles. Découpée et formée selon la géométrie du produit, elle remplace avantageusement les mousses PE et le PSE, tout en étant recyclable dans les filières papier-carton existantes. Pour les marques, cette solution permet d’allier protection, image éco-responsable et optimisation logistique grâce à des éléments empilables et légers.

Emballages à base d’algues : innovations notpla et evoware

Parmi les matériaux biosourcés les plus innovants, les emballages à base d’algues occupent une place particulière. Notpla, startup britannique, a développé des films et revêtements à partir d’algues brunes, utilisés notamment pour des sauces, des huiles ou des portions alimentaires individuelles. Leur particularité ? Ils sont naturellement biodégradables et même comestibles, éliminant la notion même de déchet dans certaines applications.

En Asie, Evoware conçoit des sachets solubles à base d’algues destinés aux nouilles instantanées, aux épices ou aux produits déshydratés. Au contact de l’eau chaude, l’emballage se dissout, limitant ainsi les déchets d’emballages alimentaires dans les rues et les décharges. Ces initiatives prouvent qu’il est possible de combiner praticité, sécurité alimentaire et réduction drastique de l’empreinte plastique, à condition d’adapter le design des produits et les habitudes d’usage.

Ces solutions restent toutefois confrontées à plusieurs défis : coûts de production encore élevés, volumes limités, stabilité variable selon l’humidité et la température. Pour intégrer ces matériaux algaux dans votre stratégie de packaging, il est souvent pertinent de démarrer par des séries limitées, des campagnes événementielles ou des gammes premium, afin de tester l’acceptation client et les performances techniques avant un déploiement plus large.

Chitosane et protéines végétales : barrières fonctionnelles naturelles

Au-delà des structures principales d’emballage, la question des couches barrières est centrale pour garantir la conservation des produits. Le chitosane, polymère issu de la chitine (carapaces de crustacés) ou de sources fongiques, se distingue par ses propriétés antibactériennes et antifongiques naturelles. Utilisé sous forme de revêtement fin sur papier ou carton, il améliore la barrière à l’oxygène et à l’humidité, tout en restant compostable ou biodégradable selon les formulations.

Les protéines végétales (soja, pois, blé, maïs) sont également explorées comme alternatives aux couches barrières pétrosourcées. Sous forme de films ou de coatings, elles offrent des propriétés intéressantes pour les emballages alimentaires secs ou faiblement gras. Couplées à des cires naturelles ou des résines biosourcées, elles permettent de concevoir des structures monosubstrat (mono-matériau) plus faciles à recycler ou à composter.

Pour les designers packaging, ces solutions ouvrent la voie à un design fonctionnel et responsable : privilégier des substrats fibreux (carton, papier) et n’utiliser ces barrières naturelles que là où elles sont réellement nécessaires. L’enjeu consiste à éviter de recréer des structures complexes et difficilement recyclables, en s’appuyant sur des tests de laboratoire (perméabilité à l’oxygène, à la vapeur d’eau, résistance à la graisse) pour trouver le juste compromis entre performance et fin de vie maîtrisée.

Éco-conception et analyse du cycle de vie (ACV) dans le développement packaging

Réduire l’empreinte environnementale du packaging ne se limite pas au choix d’un matériau « vert ». L’éco-conception packaging repose sur une approche globale, qui intègre l’ensemble du cycle de vie : extraction des matières premières, transformation, impression, transport, utilisation, fin de vie. C’est précisément ce que permet l’analyse du cycle de vie (ACV), outil de référence pour quantifier les impacts environnementaux et orienter les décisions de design.

En intégrant l’ACV dès la phase de conception, vous évitez les faux « bons choix » — par exemple remplacer un plastique léger par un matériau très lourd, qui augmenterait drastiquement les émissions liées au transport. L’objectif est de comparer plusieurs scénarios d’emballage (matière, épaisseur, structure, procédé d’impression) et de sélectionner celui qui minimise les impacts tout en restant économiquement et techniquement viable.

Méthodologie ISO 14040 appliquée à l’emballage cosmétique

La norme ISO 14040 encadre la méthodologie de l’ACV et définit quatre grandes étapes : définition des objectifs et du champ de l’étude, inventaire (données d’entrées/sorties), évaluation des impacts, et interprétation. Appliquée à un emballage cosmétique, cette démarche commence par une question claire : voulez-vous comparer un flacon en verre à un tube plastique ? Évaluer l’intérêt d’un système rechargeable ? Mesurer le bénéfice réel d’un passage au carton recyclé ?

Une fois le périmètre défini (par exemple, « du berceau à la tombe », ou incluant seulement certaines étapes), l’inventaire consiste à collecter des données très concrètes : grammage des matériaux, type de résine, consommation d’énergie au moulage, distances de transport, taux de recyclage effectif, etc. Ces informations sont ensuite traduites en impacts potentiels (changement climatique, épuisement des ressources, pollution de l’eau, etc.) via des méthodes reconnues comme ReCiPe ou CML.

Pour une marque de cosmétique, l’intérêt est double. D’une part, l’ACV permet de justifier objectivement des choix de conception face aux équipes marketing ou achat, parfois tentées par des solutions perçues comme « vertes » mais peu performantes. D’autre part, elle fournit une base solide pour communiquer de manière transparente, en évitant le greenwashing. Vous pouvez ainsi démontrer, chiffres à l’appui, la réduction de l’empreinte carbone d’un nouveau packaging par rapport à l’ancien.

Logiciels SimaPro et GaBi : calcul d’impact carbone packaging

Pour réaliser ces analyses, les industriels et agences de design s’appuient sur des logiciels spécialisés comme SimaPro ou GaBi. Ces outils intègrent des bases de données internationales (Ecoinvent, GaBi DB, etc.) qui regroupent des milliers de profils de matériaux et de procédés. Concrètement, vous modélisez la « recette » de votre emballage packaging (types de matériaux, poids, process) puis le logiciel calcule l’empreinte carbone et d’autres indicateurs clés.

Cette approche permet, par exemple, de comparer un étui carton 350 g/m² à un 300 g/m², ou de mesurer l’impact du passage d’une encre solvante à une encre à base d’eau. Vous pouvez également simuler différents scénarios logistiques (production locale vs importation lointaine, transport maritime vs aérien) pour visualiser leur contribution au bilan global.

Pour les PME qui n’ont pas encore ces outils en interne, il est possible de travailler avec des bureaux d’études ou des imprimeurs équipés. L’essentiel est de structurer les données packaging (poids, matières, procédés) dès le briefing créatif, afin que la comparaison entre options soit facile et rapide. À terme, l’intégration de ces indicateurs dans vos cahiers des charges contribue à faire de l’ACV un réflexe plutôt qu’une étape exceptionnelle.

Design for recycling : optimisation des structures multicouches

Un des grands principes de l’éco-conception est le Design for Recycling (DfR) : concevoir dès le départ des emballages qui pourront être facilement triés et recyclés dans les filières existantes. Cela implique souvent de simplifier des structures multicouches complexes, qui combinent différents polymères, films aluminium et vernis barrières, très difficiles à séparer en centre de tri.

Comment faire concrètement ? D’abord, en privilégiant les mono-matériaux : un seul type de plastique (par exemple PE ou PP), ou une seule famille fibreuse (carton/papier). Ensuite, en limitant les encres et vernis opaques sur les zones critiques, notamment pour les bouteilles transparentes qui doivent rester détectables par les capteurs NIR des centres de tri. Enfin, en évitant les associations inextricables, comme les fenêtres plastique collées sur du carton non détachable.

Les guides de recyclabilité publiés par les éco-organismes (Citeo en France, RecyClass en Europe) constituent une ressource précieuse pour orienter vos choix. En les intégrant dès la phase de concept, vous évitez d’avoir à « rattraper » un design séduisant mais non recyclable. C’est là que le dialogue entre designers, ingénieurs matériaux et responsables RSE prend tout son sens pour aboutir à des emballages à la fois désirables et circulaires.

Réduction du grammage : techniques de micro-cannelure et parois minces

Réduire la quantité de matière utilisée reste l’un des leviers les plus efficaces pour diminuer l’empreinte environnementale du packaging. Sur le carton, les technologies de micro-cannelure (E, F, N) permettent d’obtenir des emballages très rigides avec un faible épaisseur totale, remplaçant dans certains cas des cannelures plus épaisses ou même des solutions plastiques. Résultat : moins de fibre, moins de poids transporté, moins de volume en entrepôt.

Sur les emballages plastiques, le développement de parois minces (thin-wall) via l’injection ou le thermoformage haute performance permet de réduire de 10 à 30 % le poids de certaines barquettes ou pots, sans compromettre la résistance mécanique. Cette « lightweighting » exige toutefois une maîtrise fine des paramètres de process et parfois des investissements dans des moules ou presses plus performants.

Pour éviter d’aller trop loin dans la réduction et de fragiliser l’emballage, il est essentiel de tester la résistance en conditions réelles : chutes, empilement, humidité, variations de température. Une analogie simple : comme pour un pont, alléger la structure est vertueux tant que la sécurité n’est pas compromise. L’objectif est donc de trouver le seuil optimal où l’on réduit la matière sans générer de casse, de retours produits ou de sur-emballages correctifs.

Économie circulaire et systèmes de consigne : modèles loop et recircle

Au-delà de la réduction et du recyclage, la véritable rupture consiste à sortir de la logique du jetable en développant des emballages réutilisables. C’est tout l’enjeu des modèles de consigne modernes, qui s’inscrivent au cœur de l’économie circulaire. Plutôt que de considérer le packaging comme un simple coût, il devient un actif réutilisable, amorti sur des dizaines voire des centaines de cycles.

Le programme Loop, lancé par TerraCycle, illustre bien cette mutation. De grandes marques agroalimentaires et cosmétiques y proposent leurs produits dans des contenants durables (acier, verre, plastique épais) que le consommateur renvoie une fois vides, via un système de collecte dédié. Les emballages sont ensuite lavés, contrôlés, puis remis en circulation. L’expérience utilisateur se rapproche d’un « shopping premium », tandis que l’empreinte environnementale diminue après quelques cycles de réutilisation.

En Suisse, le modèle Recircle s’applique à la restauration à emporter. Les consommateurs paient une légère consigne pour des boîtes repas et gobelets réutilisables, qu’ils peuvent rapporter dans un vaste réseau de restaurants partenaires. Les contenants sont lavés industriellement et remis dans le circuit. Cette approche résout en partie le problème des déchets générés par le « take away » et le « food delivery », secteurs particulièrement gourmands en emballages à usage unique.

Pour une marque ou un distributeur, se lancer dans la consigne implique toutefois de repenser toute la chaîne de valeur : gestion des flux retour, infrastructures de lavage, taux de casse, incitations économiques pour le consommateur, traçabilité. L’idéal est de démarrer par des pilotes sur des segments ciblés (par exemple, la vente en vrac, les boissons, certains produits cosmétiques) afin de tester l’adhésion du public et la viabilité économique. À terme, la consigne peut devenir un puissant levier de fidélisation et de différenciation, tout en réduisant massivement les déchets d’emballage.

Technologies d’impression et marquage écologiques : encres végétales UV-LED

Le design graphique et l’impression jouent eux aussi un rôle clé dans l’empreinte environnementale du packaging. Les avancées récentes en matière d’encres végétales et de technologies UV-LED permettent de diminuer l’utilisation de solvants, la consommation d’énergie et les émissions de composés organiques volatils (COV), sans sacrifier la qualité d’impression.

Les encres à base d’huile végétale (soja, lin, colza, etc.) ou d’eau remplacent progressivement les encres minérales traditionnelles, particulièrement dans l’offset et la flexographie. Elles présentent l’avantage de faciliter le désencrage lors du recyclage du papier, améliorant ainsi la qualité des fibres recyclées. Couplées à des vernis à l’eau ou UV-LED, elles permettent de conserver un rendu visuel premium tout en réduisant l’impact environnemental global de l’impression packaging.

Les systèmes de séchage UV-LED se distinguent par leur faible consommation énergétique et l’absence d’émissions d’ozone, contrairement aux lampes UV traditionnelles. Ils chauffent moins les supports, ce qui limite les déformations et autorise l’impression sur des matériaux sensibles (films fins, bioplastiques, papiers recyclés légers). Pour vous, cela se traduit par une meilleure stabilité des couleurs, des temps de calage réduits et une production plus flexible, notamment en petites séries.

Adopter ces technologies, c’est aussi une opportunité de verdir votre discours de marque. En communiquant sur l’usage d’encres végétales, d’impressions à faible impact carbone ou de papiers certifiés, vous renforcez la cohérence entre votre positionnement durable et vos choix techniques. L’idéal reste de travailler main dans la main avec votre imprimeur pour optimiser l’ensemble du couple support/encre/procédé, et éviter ainsi les surqualités inutiles.

Certifications environnementales : FSC, PEFC et cradle to cradle packaging

Dans un contexte où les allégations « green » se multiplient, les certifications environnementales jouent un rôle essentiel pour crédibiliser les engagements des marques. Elles offrent un cadre normatif, vérifié par des tiers indépendants, qui rassure à la fois les distributeurs et les consommateurs. Pour le packaging, plusieurs référentiels coexistent, couvrant à la fois l’origine des matières premières, la recyclabilité, la compostabilité ou la circularité globale du produit.

Les labels FSC (Forest Stewardship Council) et PEFC (Programme for the Endorsement of Forest Certification) garantissent une gestion responsable des forêts d’où proviennent les fibres de bois. Apposés sur un étui carton ou un fourreau, ils indiquent que le matériau est issu de forêts gérées durablement et/ou de fibres recyclées contrôlées. C’est un premier niveau de crédibilité pour toute stratégie de packaging à base de papier-carton.

La certification Cradle to Cradle (C2C) va plus loin en évaluant le produit dans une logique de circularité complète : santé des matériaux, réutilisation des ressources, énergies renouvelables, gestion de l’eau, équité sociale. Un emballage C2C Certified est conçu pour retourner en toute sécurité dans des cycles techniques (recyclage, réutilisation) ou biologiques (compostage), avec une attention particulière portée à la non-toxicité des composants (encres, colles, additifs).

Référentiel BRC packaging et exigences durabilité

Le référentiel BRC Packaging, largement utilisé dans l’agroalimentaire et la cosmétique, se concentre à l’origine sur la sécurité et la qualité des emballages. Toutefois, ses versions récentes intègrent de plus en plus des exigences liées à la durabilité : contrôle des matières premières, maîtrise des procédés, prévention des contaminations, mais aussi prise en compte des impacts environnementaux.

Pour les sites certifiés, cela se traduit par la mise en place de politiques claires sur la gestion des déchets, la réduction des consommations d’énergie et de ressources, et la traçabilité des matériaux recyclés. Dans un projet d’éco-conception packaging, collaborer avec des fournisseurs certifiés BRC Packaging offre un double avantage : vous sécurisez la conformité sanitaire de vos emballages tout en vous appuyant sur des partenaires déjà structurés en matière de performance environnementale.

À terme, on voit se dessiner une convergence entre les référentiels de sécurité alimentaire et les exigences RSE. Les marques les plus avancées n’attendent pas que la réglementation les y oblige : elles intègrent déjà des critères de recyclabilité, de réduction des déchets et de sourcing responsable dans leurs audits fournisseurs et leurs cahiers des charges emballage.

Norme EN 13432 : critères de compostabilité industrielle

La norme EN 13432 définit les exigences relatives aux emballages valorisables par compostage et biodégradation dans des installations industrielles. Pour qu’un emballage soit conforme, il doit répondre à plusieurs critères stricts : taux de biodégradation supérieur à 90 % en six mois, désintégration physique en fragments inférieurs à 2 mm, absence de toxicité pour les plantes et limites sévères en métaux lourds.

Concrètement, cela signifie que tous les éléments de l’emballage — film, encre, colle, additifs — doivent être compatibles avec un processus de compostage contrôlé. Un simple film compostable recouvert d’une encre non conforme risque de faire échouer la certification. C’est pourquoi les producteurs d’emballages compostables travaillent sur des solutions systèmes, où chaque composant est spécifiquement formulé pour respecter la norme.

Pour vous, la norme EN 13432 est un repère essentiel si vous souhaitez communiquer sur un packaging compostable. Elle évite les approximations du type « biodégradable » sans précision, qui entretiennent la confusion et peuvent mener à du greenwashing. Attention toutefois : la plupart des emballages certifiés nécessitent un compostage industriel (température et humidité contrôlées), encore peu accessible au grand public. Il est donc crucial d’indiquer clairement les consignes de fin de vie et de ne pas laisser entendre qu’un emballage peut être jeté dans la nature sans conséquence.

Carbon trust et affichage carbone : méthodologie PAS 2050

Au-delà des labels matériaux, certaines marques choisissent d’afficher l’empreinte carbone de leurs produits ou de leurs emballages. La Carbon Trust, organisation indépendante basée au Royaume-Uni, accompagne ces démarches à travers des méthodologies reconnues comme la PAS 2050, qui encadre l’évaluation des émissions de gaz à effet de serre sur le cycle de vie.

L’affichage carbone peut prendre plusieurs formes : un simple pictogramme indiquant une réduction d’émissions par rapport à une référence, une valeur chiffrée en kg CO2e par unité, ou encore un engagement de neutralité climatique (compensation après réduction maximale). Dans tous les cas, la robustesse de l’ACV sous-jacente et la transparence sur le périmètre étudié sont essentielles pour éviter toute remise en cause.

Pour une entreprise qui repense son packaging, s’appuyer sur la PAS 2050 et les labels Carbon Trust permet d’objectiver les progrès réalisés : réduction du grammage, bascule vers des matériaux recyclés, relocalisation de la production, optimisation du transport. C’est aussi un moyen de communiquer avec pédagogie auprès des consommateurs, en les aidant à comprendre l’impact réel de leurs choix — et en montrant que la marque s’engage dans une démarche mesurée plutôt que purement déclarative.

Supply chain verte et optimisation logistique : mutualisation et cross-docking

Un packaging éco-conçu perd une grande partie de son intérêt si la supply chain qui l’achemine reste fortement émettrice de CO2. Repenser l’empreinte environnementale du packaging suppose donc d’élargir la réflexion au transport, au stockage et à la distribution. Poids, volume, empilabilité, résistance : tous ces paramètres influencent le nombre de palettes, de camions, voire de conteneurs nécessaires pour livrer vos produits.

La mutualisation logistique est l’un des leviers les plus puissants pour réduire ces impacts. Elle consiste à regrouper, sur une même plateforme ou un même flux, les marchandises de plusieurs marques ou divisions, afin d’optimiser le taux de remplissage des véhicules. Pour que cela fonctionne, les emballages doivent être pensés pour s’intégrer dans des gabarits standard (palettes Europe, containers, roll cages), avec des formats de caisses et de colis alignés autant que possible.

Le cross-docking va encore plus loin dans cette logique d’efficacité. Au lieu de stocker les produits pendant plusieurs jours en entrepôt, les flux sont organisés pour transiter rapidement d’un quai à l’autre : les marchandises arrivent, sont triées et repartent quasi immédiatement vers leur destination finale. Résultat : moins de surfaces d’entreposage, moins d’énergie pour le stockage, moins de manipulations — donc moins de risques de casse et de reconditionnement.

Pour tirer pleinement parti de ces modèles, il est crucial de standardiser et rationaliser les formats d’emballage secondaire et tertiaire (caisses, cartons d’expédition, films de regroupement). Des colis trop volumineux ou hétérogènes compliquent le gerbage, augmentent les volumes de transport et limitent les gains possibles via la mutualisation ou le cross-docking. À l’inverse, un packaging optimisé en taille et en résistance permet d’augmenter le nombre d’unités par palette, de réduire les trajets et de limiter l’empreinte carbone associée à chaque produit livré.

Enfin, n’oublions pas le rôle croissant de la data dans cette « supply chain verte ». En suivant précisément les taux de remplissage, les trajets, les retours et la casse produit, vous pouvez ajuster vos choix d’emballage et de logistique en continu. L’objectif : faire du packaging non plus un simple contenant, mais un levier stratégique au service d’une distribution plus sobre, plus efficace et plus respectueuse de l’environnement.

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