Comment choisir un mode de transport durable ?

La transition vers une mobilité plus respectueuse de l’environnement constitue aujourd’hui un défi majeur pour les particuliers comme pour les entreprises. Face à l’urgence climatique et à la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre, le choix d’un mode de transport durable devient une préoccupation centrale. Cette décision implique de considérer non seulement l’impact environnemental, mais aussi les aspects économiques, pratiques et technologiques. Les solutions de mobilité évoluent rapidement, intégrant des innovations technologiques prometteuses et des infrastructures adaptées aux nouveaux besoins de déplacement.

Évaluation de l’empreinte carbone par mode de transport selon la méthodologie ADEME

L’Agence de la transition écologique (ADEME) a développé une méthodologie rigoureuse pour quantifier les émissions de CO2 des différents modes de transport. Cette approche considère l’ensemble du cycle de vie des véhicules, incluant la production, l’utilisation et la fin de vie. La mesure s’exprime généralement en grammes de CO2 équivalent par kilomètre et par passager, permettant une comparaison objective entre les différentes solutions de mobilité.

Cette méthodologie prend en compte des facteurs cruciaux comme le taux d’occupation moyen des véhicules, la source d’énergie utilisée et l’efficacité énergétique. Par exemple, l’électricité française, majoritairement d’origine nucléaire, présente un facteur d’émission plus faible que dans d’autres pays européens. Ces données constituent une base scientifique solide pour orienter les choix individuels et les politiques publiques vers des solutions de transport plus durables.

Calcul des émissions CO2 du transport ferroviaire TER et TGV

Le transport ferroviaire français affiche des performances environnementales remarquables grâce au mix électrique national. Le TGV émet en moyenne 14 grammes de CO2 par kilomètre et par passager, ce qui en fait l’un des modes de transport les plus propres pour les longues distances. Cette performance exceptionnelle s’explique par plusieurs facteurs : une motorisation électrique efficace, un taux d’occupation élevé et une source d’énergie peu carbonée.

Les trains régionaux TER présentent des émissions légèrement supérieures, avec environ 25 grammes de CO2 par kilomètre et par passager. Cette différence s’explique principalement par des taux d’occupation variables selon les lignes et les heures. Certaines lignes TER fonctionnent encore au diesel, ce qui augmente leur empreinte carbone. Néanmoins, même dans ce cas, le train reste significativement plus écologique que la voiture individuelle.

Analyse comparative des émissions automobiles essence versus diesel euro 6

Les véhicules automobiles conformes à la norme Euro 6 présentent des différences notables d’émissions selon leur motorisation. Une voiture essence émet en moyenne 140 à 160 grammes de CO2 par kilomètre, tandis qu’un véhicule diesel affiche généralement 120 à 140 grammes. Cette différence s’explique par le rendement énergétique supérieur du moteur diesel et la densité énergétique plus élevée du gazole.

Cependant, l’analyse doit intégrer d’autres polluants. Les moteurs diesel émettent davantage d’oxydes d’azote (NOx) et de particules fines, malgré les systèmes de dépollution. Les véhicules essence produisent moins de ces polluants mais consomment généralement plus de carburant. Le choix entre essence et diesel dépend donc de l’usage prévu : les diesels restent pertin

ents pour les très gros rouleurs (plus de 20 000 km par an sur autoroute), mais perdent de leur intérêt sur des trajets urbains et périurbains, où les moteurs essence et surtout les solutions électriques ou hybrides deviennent plus pertinentes. Dans tous les cas, la réduction de l’empreinte carbone automobile passe d’abord par la sobriété (moins de kilomètres parcourus, covoiturage) et par le choix de véhicules plus légers et efficients.

Impact environnemental du transport aérien court-courrier versus long-courrier

Le transport aérien représente une part limitée des déplacements du quotidien, mais son empreinte carbone est extrêmement élevée. Selon la méthodologie ADEME, un vol court-courrier européen émet typiquement entre 200 et 300 gCO2e par passager-kilomètre, soit plusieurs fois plus que le train à grande vitesse. L’empreinte par passager dépend toutefois fortement du taux de remplissage, du type d’appareil et de la distance parcourue.

Paradoxalement, les vols long-courriers affichent souvent une intensité carbone par kilomètre légèrement inférieure aux vols courts, car les phases de décollage et d’atterrissage — très consommatrices de carburant — sont amorties sur une plus longue distance. En revanche, en valeur absolue, un aller-retour intercontinental peut facilement dépasser 1 à 2 tonnes de CO2 par passager, soit le budget annuel recommandé par personne pour respecter les objectifs climatiques. Les effets non-CO2 (traînées de condensation, formation de cirrus) aggravent encore le bilan climatique, avec un facteur de réchauffement pouvant doubler l’impact du seul CO2.

Dans une logique de mobilité durable, il est donc recommandé de limiter autant que possible les vols court-courriers là où une alternative ferroviaire existe, et de rationaliser les vols long-courriers en allongeant la durée des séjours ou en privilégiant les visioconférences pour les déplacements professionnels. Pour un trajet similaire, l’avion consomme en moyenne six fois plus d’énergie que le train, ce qui en fait le mode de transport le moins compatible avec une trajectoire de neutralité carbone, en particulier pour les déplacements fréquents.

Bilan carbone des transports en commun urbains : métro, tramway et bus électriques

En milieu urbain, les transports en commun constituent le socle d’un système de mobilité durable. D’après l’ADEME, le métro émet en moyenne 3,8 gCO2e par kilomètre et par passager en France, soit environ dix fois moins qu’un déplacement en voiture individuelle. Le tramway fait encore mieux, avec environ 3,3 gCO2e/passager-km, grâce à une alimentation électrique majoritairement décarbonée et à un très bon taux de remplissage aux heures de pointe.

Les bus électriques, en plein développement dans de nombreuses métropoles, affichent également un bilan carbone très favorable. Leur intensité carbone dépend du mix électrique local, mais reste nettement inférieure à celle des bus diesel, tout en réduisant la pollution de l’air et le bruit en ville. À Paris, l’objectif d’une flotte de bus 100 % électrique à l’horizon 2030 illustre cette transition, tandis que d’autres villes misent sur le biogaz ou l’hydrogène renouvelable pour verdir leurs lignes structurantes.

Pour vous, usager, privilégier métro, tram, RER ou bus électriques plutôt que la voiture pour vos trajets domicile-travail permet de réduire drastiquement votre empreinte carbone sans renoncer à la rapidité. Pour les collectivités, l’enjeu est de renforcer l’attractivité de ces modes (fréquence, confort, intermodalité) afin de rendre le choix des transports en commun non seulement plus durable, mais aussi plus pratique et économique au quotidien.

Technologies de propulsion alternative et innovations durables

Au-delà des choix de modes de transport, les technologies de propulsion jouent un rôle clé dans la réduction de l’empreinte carbone. Véhicules électriques, hydrogène, biocarburants ou hybrides rechargeables constituent autant de leviers complémentaires. Comment s’y retrouver dans cet écosystème en pleine mutation ? En examinant concrètement les performances et les usages de chaque solution, vous pouvez orienter vos choix vers une mobilité plus durable sans sacrifier vos besoins de déplacement.

Motorisations électriques : tesla model 3, renault zoe et volkswagen ID.3

Les voitures 100 % électriques se sont imposées comme une alternative crédible aux véhicules thermiques pour de nombreux usages. Des modèles comme la Tesla Model 3, la Renault Zoe ou la Volkswagen ID.3 illustrent trois approches complémentaires. La Model 3 vise un segment plus haut de gamme, avec une grande autonomie (jusqu’à 600 km WLTP selon les versions) et un réseau de recharge rapide performant. La Zoe et l’ID.3 ciblent davantage les trajets du quotidien, avec des autonomies de 250 à 450 km, suffisantes pour la plupart des déplacements domicile-travail et loisirs.

Sur le plan climatique, l’ADEME estime qu’une voiture électrique devient globalement moins émettrice qu’une thermique entre 20 000 et 70 000 km, selon la taille de la batterie et le mix électrique. En France, grâce à une électricité peu carbonée, ce seuil est généralement atteint rapidement, surtout si vous rechargez majoritairement la nuit ou en heures creuses. Sur la durée de vie du véhicule, les émissions de CO2 par kilomètre peuvent être réduites de moitié par rapport à une voiture essence ou diesel équivalente, à condition de rester sur des gabarits raisonnables.

Pour optimiser le caractère durable d’une voiture électrique, deux paramètres sont décisifs : le dimensionnement de la batterie et le kilométrage annuel. Choisir un modèle surdimensionné pour faire quelques milliers de kilomètres par an augmente l’empreinte de fabrication sans véritable bénéfice. À l’inverse, si vous parcourez plus de 15 000 km par an, une compacte électrique comme la Zoe ou l’ID.3 peut s’avérer particulièrement pertinente, surtout si vous disposez d’une solution de recharge domestique ou en entreprise.

Solutions hydrogène : toyota mirai et stations H2 mobility

Les véhicules à hydrogène, comme la Toyota Mirai, reposent sur une pile à combustible qui transforme l’hydrogène en électricité, ne rejetant à l’échappement que de la vapeur d’eau. Sur le papier, l’hydrogène apparaît donc comme une solution de mobilité zéro émission locale, avec un temps de recharge très court (quelques minutes) et une autonomie comparable à celle d’une voiture thermique. En pratique, l’empreinte carbone dépend entièrement de la façon dont l’hydrogène est produit.

Aujourd’hui, la majorité de l’hydrogène utilisé dans le monde est dite « grise », issue du reformage du gaz naturel, avec une intensité carbone élevée. Pour que la mobilité hydrogène soit réellement durable, il est indispensable de recourir à de l’hydrogène renouvelable ou bas carbone, produit par électrolyse de l’eau à partir d’électricité décarbonée. Des initiatives comme le réseau de stations H2 Mobility en Allemagne ou divers projets régionaux en France visent justement à structurer une filière d’hydrogène vert pour les poids lourds, les bus ou certains usages professionnels intensifs.

À court terme, l’hydrogène semble particulièrement adapté à la mobilité lourde : camions longue distance, autocars, trains sur lignes non électrifiées ou logistique portuaire. Pour un particulier, une Toyota Mirai reste une solution de niche en raison du coût élevé du véhicule et du réseau de stations encore limité. Si vous gérez une flotte de véhicules professionnels ou un parc logistique, l’hydrogène renouvelable peut en revanche constituer un levier stratégique de décarbonation, à évaluer via des études de faisabilité et des partenariats avec les acteurs de la filière.

Biocarburants de nouvelle génération et carburants de synthèse e-fuel

Les biocarburants de nouvelle génération et les carburants de synthèse (e-fuels) offrent une voie de transition intéressante pour les véhicules thermiques existants. Contrairement aux premiers biocarburants (éthanol, biodiesel) souvent critiqués pour leur concurrence avec l’alimentation humaine et la déforestation, les filières de deuxième et troisième génération utilisent des résidus agricoles, des déchets organiques ou des micro-algues. Elles permettent ainsi de réduire sensiblement le bilan carbone sans mobiliser de nouvelles terres agricoles.

Les e-fuels, quant à eux, sont produits à partir de CO2 capté et d’hydrogène vert, via un processus de synthèse alimenté par de l’électricité renouvelable. À terme, ces carburants pourraient alimenter les flottes aériennes, maritimes ou certains véhicules spécifiques difficiles à électrifier. Leur principal avantage ? Ils sont compatibles avec les moteurs et les infrastructures actuelles (stations-service, pipelines), ce qui facilite leur déploiement à grande échelle. Leur principal défi reste leur coût et la quantité d’électricité renouvelable nécessaire pour les produire.

Pour vous, utilisateur final, les biocarburants avancés peuvent déjà se traduire par des carburants « XTL », « HVO » ou mélanges biodiesel proposés à la pompe, réduisant partiellement l’empreinte carbone de votre plein. Néanmoins, ces solutions doivent être considérées comme complémentaires, et non comme un passeport pour maintenir indéfiniment des véhicules lourds et très puissants. Comme pour l’électricité ou l’hydrogène, l’enjeu reste de combiner décarbonation des énergies et sobriété des usages.

Systèmes hybrides rechargeables et récupération d’énergie cinétique

Les systèmes hybrides rechargeables (PHEV) combinent un moteur thermique et un moteur électrique alimenté par une batterie de capacité intermédiaire (8 à 20 kWh en général). Sur le papier, ils permettent de rouler plusieurs dizaines de kilomètres en mode 100 % électrique, puis de basculer sur le moteur thermique pour les trajets plus longs. Utilisés correctement, ces véhicules peuvent réduire significativement la consommation de carburant et les émissions, notamment pour les trajets quotidiens inférieurs à 40 ou 50 km.

La clé réside dans l’usage réel : sans recharge régulière, un hybride rechargeable se comporte comme une voiture thermique lourde, souvent plus consommatrice qu’un modèle classique. À l’inverse, si vous le rechargez tous les jours et que vous privilégiez le mode électrique en ville, vous pouvez réduire d’autant votre empreinte carbone. Les systèmes de récupération d’énergie cinétique au freinage, présents aussi sur les hybrides non rechargeables, transforment une partie de l’énergie perdue en chaleur lors du freinage en électricité stockée dans la batterie, améliorant encore l’efficacité globale.

On peut comparer la récupération d’énergie à l’art de « ne pas gaspiller » en cuisine : au lieu de jeter les restes, on les réutilise pour un nouveau plat. De la même façon, les systèmes hybrides captent l’énergie qui serait perdue pour alimenter à nouveau le véhicule. Si vous hésitez entre un PHEV et un véhicule électrique, interrogez-vous sur vos habitudes de déplacement : faites-vous majoritairement de petits trajets avec possibilité de recharge ? Ou de longues distances autoroutières ? Cette réflexion vous aidera à choisir la solution la plus durable et la plus cohérente avec votre quotidien.

Infrastructures de mobilité durable et intermodalité

Les technologies de mobilité durable ne peuvent tenir leurs promesses que si elles s’appuient sur des infrastructures adaptées. Bornes de recharge, pistes cyclables, plateformes numériques, hubs multimodaux : tous ces éléments forment l’ossature d’un système de transport réellement soutenable. C’est en combinant ces briques que l’on peut passer d’une dépendance à la voiture individuelle à une mobilité fluide, partagée et bas carbone.

Réseaux de bornes de recharge ionity et tesla supercharger en europe

Le développement des réseaux de recharge rapide est un facteur déterminant pour l’adoption des véhicules électriques. En Europe, deux acteurs majeurs structurent aujourd’hui le paysage autoroutier : Tesla avec son réseau Supercharger, et Ionity, consortium regroupant plusieurs constructeurs (BMW, Mercedes-Benz, Volkswagen, Hyundai-Kia…). Les Superchargers offrent des puissances jusqu’à 250 kW et sont particulièrement optimisés pour les véhicules Tesla, même si l’ouverture progressive à d’autres marques se généralise.

Ionity déploie des stations de 150 à 350 kW le long des grands axes, permettant de recharger 80 % de la batterie en 20 à 30 minutes sur de nombreux modèles récents. Ces infrastructures réduisent considérablement l’« anxiété d’autonomie » et rendent les longs trajets en électrique comparables, en temps global de voyage, à ceux en voiture thermique, surtout si l’on intègre les pauses recommandées pour la sécurité. Pour vous, conducteur, l’enjeu est de planifier vos arrêts de recharge comme vous planifieriez autrefois vos pleins d’essence, en utilisant les applications dédiées des constructeurs ou des services tiers.

À l’échelle des territoires, la densification des bornes de recharge publiques (lentes, accélérées et rapides) est indispensable pour garantir l’équité d’accès à la mobilité électrique, en particulier pour les ménages sans stationnement privatif. On voit ainsi se multiplier les bornes en voirie, sur les parkings de supermarché ou dans les parkings relais, créant un véritable « maillage électrique » du territoire. Plus ce maillage est dense, plus le passage à un mode de transport durable devient simple et naturel pour les usagers.

Plateformes MaaS (mobility as a service) : citymapper et whim

La mobilité durable ne repose pas seulement sur la technologie des véhicules, mais aussi sur la façon dont nous organisons nos déplacements. Les plateformes MaaS (Mobility as a Service) comme Citymapper ou Whim visent précisément à intégrer, au sein d’une même interface, l’ensemble des modes de transport disponibles : métro, bus, tram, train, vélo en libre-service, trottinettes, autopartage, covoiturage… En quelques clics, vous pouvez comparer les trajets en fonction du temps, du coût et parfois de l’empreinte carbone.

Whim, par exemple, propose dans certaines villes des abonnements donnant accès à un bouquet de services de mobilité, un peu comme un forfait illimité pour vos déplacements, combinant transports publics et mobilité partagée. Citymapper, de son côté, optimise finement les itinéraires en temps réel en tenant compte du trafic, des perturbations et des correspondances. En facilitant l’intermodalité, ces outils rendent plus attractif le fait d’alterner entre différents modes plutôt que de recourir systématiquement à la voiture individuelle.

Vous vous demandez comment concrètement réduire l’empreinte carbone de vos déplacements quotidiens ? Installer une application MaaS et tester, ne serait-ce qu’une fois par semaine, un trajet combinant vélo + métro ou bus + marche peut constituer un premier pas. Pour les collectivités et les entreprises, intégrer ces plateformes dans les plans de mobilité (subventions, informations voyageurs, partenariats) permet de transformer l’offre de transport en véritable service coordonné, centré sur l’usager.

Pistes cyclables sécurisées et véloroutes EuroVelo

La mise en place de pistes cyclables sécurisées est l’un des leviers les plus efficaces pour encourager la mobilité active. L’exemple d’Amsterdam ou de Copenhague montre qu’avec des infrastructures continues, confortables et bien signalées, la part modale du vélo peut dépasser 30 à 40 % des déplacements. En France, le développement de « coronapistes » pendant la crise sanitaire a démontré qu’il était possible de transformer rapidement l’espace public pour favoriser une mobilité plus durable.

À l’échelle européenne, le réseau EuroVelo offre des véloroutes longue distance permettant de traverser plusieurs pays à vélo. Ces itinéraires, mêlant voies vertes, routes à faible trafic et pistes dédiées, rendent le voyage sans avion beaucoup plus attractif et accessible. Pour un déplacement domicile-travail de quelques kilomètres comme pour un périple de plusieurs semaines, le vélo devient ainsi une alternative crédible à la voiture ou à l’avion, avec un impact carbone quasi nul et des bénéfices majeurs pour la santé.

Investir dans les infrastructures cyclables, c’est un peu comme installer une « autoroute silencieuse » pour les déplacements du quotidien : plus vous sécurisez et rendez fluide le trajet, plus les usagers seront nombreux à l’emprunter. Si vous hésitez encore à enfourcher un vélo pour vos trajets courts, repérez les pistes existantes sur le plan de votre ville, testez un itinéraire un jour de faible trafic, et n’hésitez pas à combiner vélo et transports en commun grâce aux parkings vélo sécurisés en gare ou aux vélos pliants.

Hubs de mobilité multimodaux et parkings relais P+R

Les hubs de mobilité multimodaux regroupent en un même lieu plusieurs modes de transport : gare ferroviaire, station de métro ou de tram, lignes de bus, parkings relais P+R, station de vélos en libre-service, bornes de recharge, parfois même services d’autopartage. Leur objectif est simple : faciliter le passage d’un mode à l’autre pour rendre les trajets combinés plus rapides et plus confortables que le tout-voiture.

Les parkings relais P+R situés en périphérie des grandes agglomérations permettent par exemple de laisser sa voiture à l’entrée de la ville et de terminer le trajet en transport en commun. Cette approche réduit la congestion, améliore la qualité de l’air en centre-ville et diminue le stress lié à la recherche de stationnement. Lorsqu’ils sont bien conçus, ces hubs proposent également des services complémentaires (commerces, consignes, réparation vélo) qui en font de véritables « portes d’entrée » de la mobilité durable.

Pour les entreprises, encourager l’utilisation de ces hubs via des remboursements de titres de transport, des parkings réservés au covoiturage ou des horaires adaptés constitue un puissant levier pour réduire l’empreinte carbone des trajets domicile-travail. Pour vous, salarié ou indépendant, adopter une logique multimodale, c’est souvent gagner en prévisibilité (moins soumis aux aléas du trafic routier) tout en réduisant progressivement votre dépendance à la voiture individuelle.

Critères économiques et analyse coût-bénéfice TCO

Choisir un mode de transport durable ne se résume pas à comparer les émissions de CO2 : il faut également intégrer la dimension économique. Le Total Cost of Ownership (TCO), ou coût total de possession, permet d’évaluer le coût réel d’un véhicule ou d’une solution de mobilité sur toute sa durée de vie. Il intègre le prix d’achat ou de location, l’énergie (carburant, électricité), l’assurance, l’entretien, les taxes, mais aussi la valeur de revente.

Dans cette perspective, les véhicules électriques, bien que plus chers à l’achat, peuvent s’avérer compétitifs, voire moins coûteux à long terme que leurs équivalents thermiques, en raison de coûts d’énergie et d’entretien plus faibles. De même, le recours au train pour les déplacements professionnels, combiné à une politique de télétravail, peut réduire significativement les dépenses de transport, tout en améliorant la qualité de vie des salariés. L’analyse TCO vous aide ainsi à arbitrer entre différentes options de mobilité durable, en dépassant la seule logique du « coût au kilomètre » immédiat.

Pour une entreprise, intégrer le TCO dans la gestion de flotte signifie élargir la réflexion à l’ensemble des impacts financiers et environnementaux : coûts de carburant, taxes carbone, zones à faibles émissions (ZFE) limitant l’accès des véhicules polluants, image de marque, attractivité employeur. Pour un particulier, c’est l’occasion de comparer objectivement, sur 5 à 10 ans, une petite électrique, une compacte hybride ou une berline diesel, en tenant compte de vos kilomètres annuels, de vos possibilités de recharge et des aides publiques disponibles.

Réglementation environnementale et normes de certification

Le cadre réglementaire joue un rôle déterminant dans l’orientation des choix de mobilité vers des solutions plus durables. En Europe, les normes d’émissions (Euro 6 aujourd’hui, bientôt Euro 7) définissent des seuils stricts pour les polluants locaux (NOx, particules, CO, HC), tandis que les objectifs de réduction des émissions de CO2 des véhicules neufs poussent les constructeurs à électrifier massivement leurs gammes. Parallèlement, la mise en place de Zones à Faibles Émissions (ZFE) dans les grandes agglomérations restreint progressivement l’accès des véhicules les plus polluants.

Pour vous, cela se traduit par l’importance croissante des vignettes Crit’Air, des normes d’homologation et des labels environnementaux. À l’échelle du bâti et des infrastructures, des certifications comme HQE, BREEAM ou LEED intègrent également la question de la mobilité (accessibilité en transports en commun, stationnement vélo, bornes de recharge). Les politiques publiques nationales et européennes — Stratégie nationale bas carbone, Pacte vert pour l’Europe, Fit for 55 — fixent un cap vers la neutralité carbone à 2050, avec des jalons intermédiaires (fin de vente des voitures thermiques neuves en 2035, par exemple).

Comprendre ces évolutions réglementaires vous permet d’anticiper vos choix de mobilité plutôt que de les subir. Opter dès maintenant pour des véhicules à faibles émissions, recourir davantage aux transports collectifs ou à la mobilité active, c’est non seulement réduire votre empreinte carbone, mais aussi limiter le risque de voir votre véhicule actuel rapidement obsolète ou fortement contraint dans ses usages. Pour les entreprises, s’aligner sur ces cadres réglementaires est également un atout dans les démarches RSE et dans la réponse aux appels d’offres intégrant des critères environnementaux.

Outils d’aide à la décision et calculateurs d’impact environnemental

Face à la complexité des choix de mobilité durable, les outils d’aide à la décision jouent un rôle précieux. En France, l’ADEME met à disposition plusieurs ressources clés, comme la Base Empreinte® pour les facteurs d’émission ou la plateforme Bilans GES pour réaliser un bilan carbone organisationnel ou territorial. Pour les entreprises du transport et de la logistique, le programme EVE (Engagements Volontaires pour l’Environnement) propose des outils dédiés pour mesurer et réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Pour le grand public, des calculateurs en ligne permettent de comparer l’impact carbone de différents modes de transport pour un même trajet (train, voiture, avion, bus). Certains sites spécialisés dans le voyage responsable, ou encore des ONG comme Greenpeace, publient régulièrement des comparatifs d’empreinte carbone par mode de transport, facilitant vos arbitrages pour les vacances ou les déplacements professionnels. À l’échelle urbaine, les applications de mobilité intégrées commencent également à afficher l’impact CO2 de chaque itinéraire proposé.

Utiliser ces outils, c’est un peu comme regarder l’étiquette énergétique avant d’acheter un appareil électroménager : vous disposez d’une information claire pour orienter un choix plus responsable. Que vous soyez particulier, responsable RSE ou gestionnaire de flotte, intégrer systématiquement la donnée carbone dans vos décisions de mobilité vous permet de bâtir, pas à pas, une stratégie de transport plus durable, alignée avec les objectifs climatiques et les attentes de vos parties prenantes.

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